Posted by on April 7, 2017

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Comment by Ronald Cameron
(English, Français)

The WSF 2016 in Montreal: the need to renew the WSFs process

Looking back at the results and importance of the WSF 2016 in Montreal, the author argues that the renewal of the WSFs process requires more political action, beyond the establishment of inclusive spaces

The project to move the World Social Forum (WSF) into a northern country motivated its holding in Canada. Also, given the climate in January at the time of the World Economic Forum in Davos, it was held in August in 2016, seven months later than usual. This is what makes Alessio Surian (2017) say that the WSF of Montreal was only the aspect of the mobilization of the base of movements, demarcating the more institutional mobilization, whereas WSFs are usually held in January in the South

Many hopes have been put into mobilizing the unorganized. The challenge of participation was thought to be met by the spontaneous presence of tens of thousands of citizens. The involvement and role of social organizations and movements were thus less valued. The nature of the host country and the political context, however, were major obstacles on which the organizing committee had little control.

The fact of being summer season ended up having an impact on local participation. Like many national and international participants, we observed by far the lowest presence of all similar gatherings. In fact, the figure of 15,000 people is probably the maximum reached at the level of participation, instead of the 35,000 announced in the Collective’s assessment. From this point of view, the Montreal WSF did not have the impact that could be expected.

The importance of the Montreal WSF

However, we can not judge the event by trying to compare it, in its results, with the previous editions of the WSFs. Its holding was crucial to avoid a greater dispersion that would be critical for the future of the process. In particular, it helped to eliminate the hypothesis of burial of WSFs which had been circulating for some time within the networks. It has also succeeded in mobilizing a diversity of civil society organizations in Quebec, as well as activists from all regions of the world. It has again demonstrated the importance of the establishment of inclusive spaces, as a factor of reinforcement of the movements’ resistance.

Thus, the Montreal WSF also highlighted the limits and difficulties of the process, fifteen years after the first gathering in Brazil. The Montreal WSF was a relay in a long way to rebuild the WSFs, which continued in Porto Alegre in January 2017. In short, the importance of the WSF in Montreal lies much more in what it reveals to us about the state of the alterglobalist movement than in its immediate results.

If the idea of setting up “sharing spaces” is a necessary condition for the development of “another possible world”, the WSF in Montreal tends to show that it is not enough to adequately respond to the economic situation which is currently developing on the planet.

The demands of the new situation

The first WSF was born in a context of rising social struggles in Brazil and with the popular support mobilized for the Workers’ Party. There was a desire to export energy from local mobilizations at the global level. At the same time, the international context required a broad unified response in order to propose an alternative to neo-liberal globalization ten years after the fall of the Berlin Wall. Today, the context is no longer the same.

The questioning of democratic reforms in Latin America, the rise of extreme rights in Europe, the increase of austerity policies all over the world and the recent election of Donald Trump require a more daring political response. Without sacrificing the political independence of the movement and its inclusiveness, several trails for renewal were announced in December. To go beyond the one dimension of sharing experiences, to encourage the renewal of the process and to reinforce the relevance and the scope of the event.

Popular education and the future of the WSFs process

The movement for the right to education for all is a founding movement of the WSFs process. Today, with the demands for renewal imposed by the political context on the alterglobalist movement, the movement for the right to education can participate in the debate on the future of WSFs, notably based on the advances made in popular education .

According to the Charter of Principles, a WSF creates open and inclusive spaces on key themes for the development of another possible world. The movement for the right to education for all shares this methodological approach to “bottom-up” pedagogy, but goes further and puts forward an emancipatory action of social transformation.

The education dimension remains essential to the development of the objectives of social justice and sustainable development, but the future of education depends on its assumption by all the components of civil society. The movement for the right to education must maintain its commitment to the WSF processes, in the broadest alliance with the most important movements.

 

Commentaire de Ronald Cameron

Le FSM 2016 de Montréal: la nécessité de renouveler le processus des FSM

En revenant sur les résultats et l’importance du FSM 2016 de Montréal, l’auteur soutient que le renouvellement du processus des FSM exige une action politique plus marquée, au-delà de la mise en place des espaces inclusifs

De projet de déplacer le Forum social mondial (FSM) dans un pays du Nord a motivé sa tenue au Canada. Aussi, étant donné le climat en janvier au moment de la tenue du Forum économique mondial de Davos, il s’est tenu au mois d’août en 2016, sept mois plus tard qu’à l’habitude. C’est ce qui fait dire d’ailleurs à Alessio Surian (2017) que le FSM de Montréal se résumait au seul aspect de la mobilisation de la base des mouvements, en démarcation de la mobilisation plus institutionnelle, alors que les FSM habituellement se tiennent en janvier dans le Sud.

Beaucoup d’espoirs ont été mis dans la mobilisation des non organisés. On pensait relever le défi de la participation par la présence spontanée de dizaines de milliers de citoyennes et de citoyens. L’implication et le rôle des organisations et des mouvements sociaux furent ainsi moins valorisés. La nature du pays hôte et le contexte politique ont toutefois constitué des obstacles majeurs, sur lesquels le comité organisateur avait peu de prise.

La période de l’été a fini par avoir un impact sur la participation locale. À l’instar de plusieurs participants nationaux et internationaux, on constate une présence de loin la plus faible de tous les rassemblements semblables. En fait, le chiffre de 15 000 personnes est probablement le maximum atteint au niveau de la participation, au lieu des 35 000 annoncés dans le bilan du Collectif. De ce point de vue, le FSM de Montréal n’a pas eu l’impact qu’on pouvait espérer.

L’importance du FSM de Montréal

Néanmoins, on ne peut juger de l’événement en tentant de le rapprocher, dans ses résultats, aux précédentes éditions des FSM. Sa tenue fut cruciale pour éviter une plus grande dispersion qui s’annonçait critique pour l’avenir du processus. Il a notamment contribué à écarter l’hypothèse d’enterrement des FSM qui circulait depuis quelque temps au sein des réseaux. Il a aussi réussi à mobiliser une diversité d’organisations de la société civile du Québec, ainsi que des militantes et des militants de toutes les régions de la planète. Il a démontré à nouveau l’importance de la mise en place d’espaces inclusifs, comme facteur de renforcement de la résistance des mouvements.

Ainsi, le FSM de Montréal a aussi mis en relief les limites et les difficultés du processus, quinze ans après le premier rassemblement au Brésil. Le FSM de Montréal a constitué un relais dans une longue marche de reconstruction des FSM, qui s’est poursuivie notamment à Porto Alegre en janvier 2017. Bref, l’importance du FSM de Montréal se situe beaucoup plus dans ce qu’il nous révèle de l’état des lieux du mouvement altermondialiste, que dans ses résultats immédiats.

Si l’idée de mettre en place des espaces de partage (« sharing spaces ») est une condition nécessaire au développement d’un « autre monde possible », le FSM de Montréal tend à démontrer que ça demeure insuffisant pour répondre adéquatement à la conjoncture politique qui se développe actuellement sur la planète.

Les exigences de la nouvelle conjoncture

Le premier FSM est né dans un contexte de montée des luttes sociales au Brésil et avec l’appui populaire qui se mobilisait pour le Parti des travailleurs. Il existait une volonté d’exporter l’énergie des mobilisations locales au niveau mondial. Parallèlement, le contexte international exigeait une réponse unifiée la plus large en vue de proposer une alternative à la mondialisation néolibérale, dix ans après la chute du mur de Berlin. Aujourd’hui, le contexte n’est plus le même.

Les remises en question des réformes démocratiques en Amérique latine, la montée des droites extrêmes en Europe, l’accentuation des politiques d’austérité un peu partout sur la planète et l’élection récente de Donald Trump exigent une réponse politique plus audacieuse. Sans sacrifier l’indépendance politique du mouvement et son caractère inclusif, plusieurs pistes en vue de permettre un renouvellement furent annoncées au cours en décembre dernier. Aller au-delà de la seule dimension de partage d’expériences, favoriser le renouvellement du processus et renforcer la pertinence et la portée de l’événement.

L’éducation populaire et l’avenir du processus des FSM

Le mouvement pour le droit à l’éducation pour toutes et tous est un mouvement fondateur du processus des FSM. Aujourd’hui, avec les exigences de renouvellement qu’impose la conjoncture politique au mouvement altermondialiste, le mouvement pour le droit à l’éducation peut participer au débat concernant l’avenir des FSM en s’appuyant notamment sur les avancées réalisées en éducation populaire.

Suivant la Charte des principes, un FSM met en place des espaces ouverts et inclusifs sur des thématiques clés au développement d’un autre monde possible. Le mouvement pour le droit à l’éducation pour toutes et tous partage cette approche méthodologique de la pédagogie « bottom up », mais va plus loin, et mets de l’avant une action émancipatrice de transformation sociale.

La dimension éducation demeure essentielle au développement des objectifs de justice sociale et de développement durable, mais l’avenir de l’éducation passe par sa prise en charge par l’ensemble des composantes de la société civile. Le mouvement pour le droit à l’éducation doit maintenir son engagement dans les processus du FSM, en alliance la plus large avec les mouvements les plus importants.


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